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Une photo de Quimper au  format album (ou cabinet) Voir le catalogue pour les caractéristiques

Une photo de Quimper au format album (ou cabinet) Voir le catalogue pour les caractéristiques

Les frères Neurdein, Etienne et Louis-Antonin, sont les fils de Jean-César Neurdein, un photographe plus connu sous le pseudonyme de Charlet.

Louis-Antonin Neurdein, était le plus jeune de la fratrie (une sœur, Lucile et un frère, Étienne). Antonin est né en 1845. Il a épousé mademoiselle Legretti avec laquelle il a eu une fille, Madeleine. Il est décédé en 1914. Madeleine s'est mariée et a eu un fils qui n'a pas eu de descendance.

Étienne Neurdein est né le 5 décembre 1832. Il s'est marié avec Julie Grégoire et a eu trois filles : Lucile, Henriette et Marie. Il est mort d'une pneumonie en février 1918.

Leur père, Jean César Adolphe Neurdein, dit Charlet, est né en 1806 et a vécu jusqu'en 1867. Il était le fils illégitime d'Élisabeth Neurdein, une dentellière, et de Jean Rougevin. Il s'est marié avec Adélaïde Lecocq, dite Lalet. Il a été acteur, architecte, a acheté des mines d'or, a voyagé dans le monde... avant d'ouvrir un cabinet de photographie.

Le caveau familial des Neurdein se trouve au cimetière Saint-Ouen-Parisien.

(source familiale)

Etienne Neurdein a commencé au 10 rue Poulet (dans le 18e arrondissement de Paris), cette adresse n'est jamais citée et pourtant c'est sa première adresse avec son ami Paris, architecte, vers 1862, de retour d'Amérique où il était avec son père depuis le milieu du XIXe. Puis ensuite vers 1863 il s'installe 8 rue des filles st thomas, place de la Bourse. L'adresse 8 rue des filles du calvaire est une erreur de l'annuaire du commerce de l'année 1864 : il y a 3 entrées différentes dans cet annuaire, par adresse, par spécialité et par nom, et l'entrée par spécialité mentionne 8 rue des filles du calvaires alors que les 2 autres entrées mentionnent bien 8 rue des filles st thomas.

C'est une parmi de nombreuses erreurs trouvées dans les biographies de Neurdein, qui se répètent indéfiniment, et que personne n'a jusqu'à présent pris la peine de vérifier!

(le dépôt légal de 1887 en est une également…)

Enfin il y a ces deux adresses: 28 bd de sébastopol et 52 avenue de Breteuil (avec une annexe 7 rue Miollis pour la production de carte postale en 1900).

Voici une petite chronologie publiée dans un article sur Neurdein et Sarreguemines: Chronologie de la société Neurdein :

De 1864 à 1882: l'atelier Neurdein, est sous la direction d’Etienne Neurdein sous le nom Neurdein, Neurdein et Paris ou E. Neurdein, d'abord 4 rue des Filles Saint-Thomas de 1864 à 1868 (en association avec le photographe Paris),

puis 28 boulevard Sébastopol de 1868 à 1887.

De 1882 à 1887: Le fonds de commerce appartient à Antonin Neurdein et est exploité sous le nom A. Neurdein, toujours au 28 boulevard de Sébastopol.

De 1887 à 1915: la société est sous la direction des deux frères, sous le nom Neurdein frères, et se situe au 52 avenue de Breteuil de 1887 à 1917, une annexe pour la production de cartes postales est créé à partir de 1900 rue Miollis. De 1915 à 1917: la société est sous la direction d’Etienne Neurdein et de la veuve d’Antonin Neurdein sous le nom Neurdein et Cie.

La société est vendue le 1er janvier 1918 à l’imprimerie Crété, après le décès d'Etienne Neurdein le 2 décembre 1917. Toutes les mentions ND et LL réunis (Neurdein et Léon Lévy réunis) sont postérieures à la vente de l’entreprise en 1918.

Source : Marie-Eve Bouillon

Marie-Eve Bouillon prépare une thèse de doctorat centrée sur l'étude de la production Neurdein.

http://etudesphotographiques.revues.org/3334

http://culturevisuelle.org/photogenic/archives/5

http://culturevisuelle.org/photogenic/archives/107

Les deux frères se répartissent bien les rôles : Etienne est en charge de l’administration de l’atelier et réalise des portraits. Louis-Antonin rapporte de ses voyages les vues d’édifices et de paysages. C’est ainsi que la Maison Neurdein va proposer des portraits de personnages historiques et de célébrités contemporaines mais aussi des vues d’architecture en tous formats : des vues de France, d’Algérie et de Belgique à partir de 1868.

En 1884, Louis-Antonin devient membre de la Société Française de Photographie. En 1886, il est membre de la Chambre syndicale de photographie (Etienne en 1902).

En 1886 et en 1888, les frères Neurdein obtiendront une médaille d’or à l’Exposition Internationale de la Société des Sciences et des Arts Industriels.

En 1889, ils obtiennent une nouvelle récompense à l’Exposition Universelle pour des vues réalisées avec l’appareil panoramique de Moëssard.

La « Libonis » éditée ou imprimée par Neurdein ?

En 1889, des cartes sont émises par la société de la Tour Eiffel. Les gravures sont dues au dessinateur Léon-Charles Libonis. Elles ont longtemps été considérées à tort comme les premières cartes illustrées françaises.

Vers 1905, la Maison Neurdein publiera un catalogue de ses cartes postales dans lequel on pourra lire : « Par la longue expérience que nous avons acquise dans l’édition et la fabrication des CPI, dont nous sommes les initiateurs en France, nous rappelons à cette occasion que notre première édition date de 1889. » Cette phrase a pu laisser penser que les Neurdein auraient imprimé la « Libonis ». Rien n’est moins sûr. En effet, une carte postale de « PARIS – La Tour Eiffel - Nd Phot. » montre justement une vue de l’édifice prise au moment de l’Exposition Universelle de 1889. C’est peut-être à cette carte-là que le catalogue fait référence. Reste à savoir !!! ….. et c’est la question essentielle… quand cette carte a été proposée pour la première fois à la vente….

A l’Exposition Universelle de 1900, les frères Neurdein obtiennent encore un Grand Prix. Ils éditent à cette occasion une série très complte sur l’exposition (plus de 110 cartes). Ils sont suivis (ou accompagnés) par de nombreux éditeurs. Ce qui fait que l’événement restera comme celui qui aura été le plus couvert par la carte postale. L’Exposition Universelle de 1900 marque l’avènement de ce que l’on appellera plus tard l’Age d’Or de la carte postale.

« Reconnus pour leur habileté à reproduire les châteaux, églises et sites historiques, le ministère de l’instruction publique et des Beaux-Arts accorde aux frères Neurdein le droit d’exploiter la collection du service des monuments historiques de 1898 jusqu’au début des hostilités. Ce droit exclusif comprend le tirage et la mise en vente des épreuves obtenues à partir des clichés appartenant à l’Etat. L’entretien de la collection des monuments historiques est également à leur charge, ainsi que la mise à jour et l’impression du catalogue des collections. Les frères Neurdein complètent également les fonds, photographiant des édifices classés, en particulier en Corse. Les archives photographiques (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) conservent un millier de plaques de verre réalisées par les deux frères. »

Source : http://www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/fr/biographies/neurdein.html

Les premières cartes sont dites « cartes nuages » dans la mesure où les contours de l’image sont flous. Quelques-unes sont aquarellées à la main ou par procédé mécanique. Le recto est exclusivement réservé à l’adresse avant 1904. Les éditeurs ménagent alors un espace côté vue (au verso) pour la correspondance. Devant la pression des collectionneurs de l’époque et aussi face à l’évolution de la demande du public, l’image va prendre de plus en plus de place pour « in fine » occuper la totalité du champ de la carte.

La collection Neurdein va évoluer tout au long de cette histoire.

Les deux premières maisons cartophiles françaises, Lévy (marque LL) et Neurdein (marque ND Phot.) vont fusionner. En effet, à partir de 1904, l’entreprise des Neurdein périclite. L’affaire a été alors confiée par Emile Armand à des amis de la famille, les Estèves ; puis a été vendue à M. Crété qui l’a revendue peu après aux Fréres Lévy.

(source familiale)

Tout reste encore à faire pour percer les secrets de cette œuvre immense. Une œuvre façonnée par quelques-uns des meilleurs photographes du début du XXème siècle….

BIBLIOGRAPHIE

En plus des sources déjà citées dans le texte, plusieurs ouvrages peuvent être consultés :

Gérard NEUDIN : « L’officiel international des cartes postales de collection » ; (Principalement : « La photographie dans la carte postale » (1992))

Martin Willougby : « La carte postale, une histoire illustrée ». Bookking International, Paris, 1993.

PN et PY Armand : « Dictionnaire de la cartophilie francophone » (1990) Cartes Postales et Collection

Daniel Bénard et Bruno Guignard « LA CARTE POSTALE – Des origines aux années 1920 » Editions Alain Sutton (2010)

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