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Cher Monsieur,

J’ai découvert votre blog en surfant sur celui de Noël Courtaigne, collectionneur de cartes postales de la ville d’Arcachon.
Pour comprendre la démarche d’un important éditeur de cartes postales anciennes de Bordeaux dont le démarrage est lié aux Neurdein je suis amené à m’intéresser à cet éditeur parisien.
Dont je découvre que vous êtes un spécialiste.
Je crois que pour mieux appréhender la démarche et donc l’histoire de cette importante maison, il faudrait définir les grands types des cartes qu’elle a éditées au fil du temps.
Par exemple le type 0 pour les cartes éditées entre 1889 et 1895 ou 1896.
Ce sont des cartes qui répondent à de opportunités, par exemple la tour Eiffel, Menton, etc. et qui n’ont pas de point commun les unes avec les autres.
S’il s’avérait que l’on puisse définir des sous-ensembles dans cette production on pourra toujours parler de Type 0A ou Type 0B, etc.
Si j’ai bien compris ce que vous m’avez expliqué dans votre blog très documenté, les frères Neurdein ont décidé de s’attaquer de façon industrielle au marché de la carte postale en couvrant tout le territoire national en 1895 ou 1896.
Et le premier type de cette carte industrielle, ou Type 1, répond à la définition suivante :
Carte petit nuage en haut à gauche, nom de la ville en haut à droite suivi d’une virgule et de l’article « le » le tout dans une calligraphie très particulière.
Légende en italique placée sous le nuage.
Carte non-numérotée.
Mais à cette époque le marché de la carte postale va connaître une progression exponentielle et les malheureux frères Neurdein vont passer leur temps à courir après.
Et leurs revendeurs vont perpétuellement se voir opposer des ruptures de stock.
Et pour les réapprovisionner Neurdein n’aura pas d’autre choix que de faire de nouveaux tirages.
Et au fur et à mesure de ces tirages ils vont modifier le type de leurs cartes.
Baptisons la précédente Type 1A et il apparaît très vite la Type 1B, semblable à la précédente à l’exception de la légende qui n’est plus en italique mais en caractères droits.
On en voit l’exemple dans votre article Si Rouen m’était conté en cartes postales où vous présentez L’Hôtel de Bourgtheroulde d’abord en type 1B puis en Type 1A.
Après quoi s’ajoute là-dessus le problème du dos et du papier.
Le « M » du dos peut avoir plusieurs formes, l’impression peut-être de couleurs différentes comme le papier d’ailleurs.
Est-ce que l’ensemble d’un tirage d’une carte donnée bénéficie forcément du même dos ?
Je n’en sais rien.
Il faudrait définir les dos différents.
Si bien que nous aurions des cartes de Type 1Aa ou 1 Ae, etc.

Après la type 1 apparaît la type 2 que vous qualifiez de carte « luxe ».
Carte petit nuage en haut à gauche, ou sur toute la largeur de la carte mais pas sur toute la hauteur.
Légende en italique placée sous le nuage et commençant par le nom de la ville écrit tout en majuscule.
Carte non-numérotée, papier différent.
Vous faites de ce type une carte éditée parallèlement à la type 1B.
Moi je serais plus enclin à penser qu’elle lui a succédé.
Et qu’elle n’a pas donné satisfaction.
Mauvais accueil de la clientèle ou plus certainement coût de fabrication trop élevé.
Quoi qu’il en soit elle n’a pas été éditée longtemps.
Dès l’automne 1899 elle est remplacée par la type 3 :
Carte petit nuage en haut à gauche, ou sur toute la largeur de la carte mais pas sur toute la hauteur.
Légende en italique placée sous le nuage et commençant par le nom de la ville écrit tout en majuscule.
Carte numérotée.
Cela c’est la type 3A.
Parce que dans la 3b ou 3C, le nom de la ville n’est plus en majuscule.
Je pense que la type 4 porte la mention Collections ND.
Etc, etc.
Une fois tous ces types d
éfinis il faut déterminer leurs dates d’apparition.
En fait il faut déterminer deux dates.
La date d’apparition de ce type chez Neurdein et la date d’apparition correspondante pour la ville étudiée.
Tout cela représente un certain travail.
Croyez-vous à son intérêt pour mieux connaître l’histoire de la maison

Neurdein ?
Bien cordialement.
Jean-Pierre Ardo
in Saint Amand

J'ai répondu que l'étude de Jean-Pierre Ardoin Saint Amand m'intéressait et il a accepté la publication de cette correspondance. la suite est aussi passionnante....

Michel Le Peuc'h

Cher Monsieur,

Merci de votre prompte réponse.
Bien sûr vous pouvez publier ma prose si vous jugez qu’elle a un intérêt quelconque.

Si vous voulez je peux vous expliquer plus en détail pourquoi je m’intéresse à Neurdein Frères mais avant je voudrais vous montrer un exem
ple de type 1 sur la ville d’Arcachon.

La type 1A a voyagé en août 1896.

La type 1A a voyagé en août 1896.

La type 1B l’a fait en août 1897 et si elle a conservé une légende en italique, celle-ci est différente de la précédente.

La type 1B l’a fait en août 1897 et si elle a conservé une légende en italique, celle-ci est différente de la précédente.

Enfin la type 1C a voyagé en mars 1898.

Enfin la type 1C a voyagé en mars 1898.

Faut-il en déduire que Neurdein faisait un tirage annuel ?
Avant de passer à la type 2 ou 3.

Intéressons-nous maintenant à Bordeaux.
Voici une photographie format cabinet
classique de chez Neurdein.

 Elle a dû entraîner la réalisation d’une ou plusieurs cartes postales de type 1, mais je n’en ai pas rencontrées. Puis une type 2 ou type de luxe qui elle a voyagé en juillet 1898.

Elle a dû entraîner la réalisation d’une ou plusieurs cartes postales de type 1, mais je n’en ai pas rencontrées. Puis une type 2 ou type de luxe qui elle a voyagé en juillet 1898.

 Elle a dû entraîner la réalisation d’une ou plusieurs cartes postales de type 1, mais je n’en ai pas rencontrées. Puis une type 2 ou type de luxe qui elle a voyagé en juillet 1898.

Elle a dû entraîner la réalisation d’une ou plusieurs cartes postales de type 1, mais je n’en ai pas rencontrées. Puis une type 2 ou type de luxe qui elle a voyagé en juillet 1898.

Elle a été suivie à la fin de la même année par une type 3. (Qui a retrouvé la même légende que le cliché d'origine)

Elle a été suivie à la fin de la même année par une type 3. (Qui a retrouvé la même légende que le cliché d'origine)

 (Dans mon message précédent j’ai fait une erreur en écrivant 1899 pour la type 3 alors qu’il s’agissait de 1898. D’après ce que l’on peut en croire au regard de cette carte : )

(Dans mon message précédent j’ai fait une erreur en écrivant 1899 pour la type 3 alors qu’il s’agissait de 1898. D’après ce que l’on peut en croire au regard de cette carte : )

Là-dessus est arrivée sur le marché au début du mois de mai 1899 cette carte, première d’une série d’une dizaine ou d’une douzaine :

Là-dessus est arrivée sur le marché au début du mois de mai 1899 cette carte, première d’une série d’une dizaine ou d’une douzaine :

Comparer : le plagiat est caractérisé.

Comparer : le plagiat est caractérisé.

Cela serait anecdotique, il y a dû y en avoir d’autres dans bien d’autres endroits, si le réalisateur de cette carte, Marcel Delboy, n’avait pas eu 16 ans ½ au début du mois de mai 1899 !
Et si les dix ans qui allaient venir ne lui avaient pas permis de devenir à 26 ans, l’un des plus importants sinon le plus important éditeur de cartes postales du Sud Ouest.
Pour se faire éditeur de cartes postales il lui fallait un petit peu d’argent, des clichés photographiques, un imprimeur et un circuit de distribution.
Et beaucoup de culot.
A part ce dernier qu’on peut lui prêter et hormis l’imprimeur qui devait être facile à trouver à Bordeaux, il n’avait aucun des autres éléments.
Et surtout pas de circuit de distribution.
Comment être crédible à 16 ans ½ en face de commerçants aguerris et particulièrement exigeants ?
L’hypothèse la plus plausible paraît être qu’il se montrait capable d’apporter une réponse rapide aux ruptures de stocks endémiques auxquelles étaient confrontés ces commerçants.
De la part de leur gros fournisseur parisien.
Les frères Neurdein devaient passer leur temps à courir après un marché qui se développait à une vitesse incroyable.
Et il leur fallait faire tirage sur tirage.
Faisaient-ils des tirages périodiques pour toute la France ?
Les faisaient-ils par ville ?
Ou encore dans une ville les faisaient-ils pour deux ou trois clichés qui se vendaient mieux et pas pour les autres ?
Seule la détermination des types différents de ces cartes permettrait sans doute de mieux comprendre comment tout cela s’est passé.
Personnellement je collectionne les cartes d’Arcachon.
Mais pour les Neurdein de cette ville, j’ai bien l’impression que certains clichés ont connu au moins 20 tirages différents entre 1896 et 1910.
Et peut-être même plus.
Mais cela ne préoccupe en aucune façon les cartophiles locaux qui en général se contentent d’accumuler des cartes sans rien comprendre.
Définir les types différents et les dater avec le plus de précision possible voilà ce que le cartophile de base que je suis attend d’un spécialiste comme vous.
Pendant 2 ans, Marcel Delboy a surfé sur la pénurie.
C’est la mauvaise gestion de Neurdein Fr
ères, dépassé par son succès, qui lui a mis le pied à l’étrier.
Qui lui a permis d’être connu de tous les détaillants bordelais.

Qui sans doute, concentrés sur leurs bénéfices, ne voyaient pas la différence entre les cartes Neurdein issues de la phototypie de celles du jeune Marce Delboy obtenues par simili-gravure.
A partir de 1901, celui-ci éditera ses propres clichés et ses cartes n’auront rien à envier en qualité à la production Neurdein.

Avant de vous quitter je voudrais vous présenter une carte que l’on pourrait peut-être at
tribuer aux Neurdein.

Les différents types de cartes Neurdein : une correspondance avec Jean-Pierre Ardoin Saint Amand
Les différents types de cartes Neurdein : une correspondance avec Jean-Pierre Ardoin Saint Amand

Ceux-ci n’auraient-ils jamais fait de cartes de type Gruss ?
Ce serait bien étonnant.
Elle porte au dos un « M
» oblique.

Bien cordialement.
Jean-Pierre Ardoin Saint A
mand.

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